Je suis devenu écrivain en raison d’événements qui ont précédé ma naissance mais dont le mystère demeure en moi. 
 Je voyage à l’envers pour m’approcher.
 

Quelques images des lieux qui ont inspiré certaines scènes du livre Se revoir à Zanzibar… 
 
 


Un peu avant midi, je prenais un verre au Serena Inn, à la pointe de la vieille ville. L’ancienne station du télégraphe reconvertie en palace de charme s’accordait à l’illusion du monde, à sa musique de harem. La terrasse avec son air de pont-promenade offrait une vue panoramique aux rêveurs de navire. (Page 13)
 
 

Le restaurant The Dolphin, situé juste après la Poste de Shangani, tenait du boui boui arabo-pêcheur de perles et de la Taverne de la Jamaïque. Le restaurant ressemblait au passé. Les plats du jour s’affichaient à la craie sur un tableau noir d’écolier. Le temps s’était arrêté dans les années cinquante. Une grande pendule anglaise aux chiffres romains, de l’époque des roupies, sonnait l’heure avec retard. Le voyageur cherchant de l’authentique plutôt que de l’attrappe touriste à la sauce « jambo mon ami » trouvait ici son compte. (Page 16)
 
Peu avant l’heure du muezzin, j’entrais à l’hôtel Cairo…
Je devinais les entrelacs d’une demeure pleine de charme. Un réseau compliqué d’escaliers et de passerelles, d’alcôves creusées dans les murs épais, de vitraux multicolores, de jalousies secrètes. Le sombre partout l’emportait, mais un sombre piqueté de couleurs chatoyantes, réhaussé de lanternes subtilement disposées.
(Page 27)
 
 
Hôtel Emerson and Green rebaptisé Cairo dans le roman
 
 
Nous entrâmes à l’Africa House. L’ancien club anglais recelait la mémoire d’un rêve d’empire… Le lieu ressuscitait les années de l’entre deux guerres. On s’attendait à voir Sommerset Maugham jouer aux cartes dans les salons ou Evelyn Vaughn raconter le mariage du Négus d’Abyssinie. L’Africa House se terminait comme un balcon au cœur de la nuit étoilée avec vue sur le bras d’océan sillonné de dhows fantomatiques chargés jusqu’à la gueule de silhouettes immémoriales. (Page 30)
 
 
 Le bar de l’Africa House  


Au bard de la terrasse où régnaient autrefois les chaises longues de la Compagnie des Indes, le tableau annonçait à la craie le cocktail du mercredi : « Moonsoon »… 
 
 
 














Accoudée à la balustrade de bois, elle regardait passer les dhows, levant de temps en temps le bras pour répondre au salut des équipages….
 


… Elle dénoua le pagne de fin tissu et vint s’asseoir sur les marches menant à l’eau à côté du poisson fontaine. (Page 38)
 
La boutique du photographe avait un charme noir et blanc comme on n’en trouve plus que dans ces pays du bout du monde. Un magasin du passé « The photograph around the corner », rempli d’histoires locales, de clichés de visites officielles de chefs d’état et de coucous à vendre, appareils à soufflets ou vieux 24/36 surgis des années soixante.
Nelson Mandela était venu serrer la main du vendeur et la photo trônait à côté de celle du Président de Zanzibar. Des dictateurs à la gomme avaient aussi franchi la porte cloutée du magasin et leurs sourires éclatants paradaient sur le panneau du fond.
Les touches de couleur provenaient de deux anciennes publicités Kodak cartonnées, posées à même le sol, portraits en pied de jolies filles en maillot de bain perchées sur des talons hauts. D’autres photos de mannequins, sosies de Jane Fonda dans Klute ou de Jennifer O’Neill dans Un été 42 étaient punaisées à même le contreplaqué.
(Page 43)
 
 
 
Parmi tous les clichés de l’époque du protectorat, figurait souvent un jeune homme à pied ou à vélo dans le labyrinthe de la vieille ville. Un pakistanais, peut-être un indien, mince et prodigieusement beau, en pantalon et chemise blancs. Il devait avoir 25 ans. C’était en 1952 d’après le copyright. Le personnage avait une élégance naturelle et sa présence donnait un supplément d’âme aux rues de Stone Town. On aurait dit le héros d’un film néo-réaliste. (Page 44)
 
J’étais dans la chambre…
Devant moi, un baldaquin en bois de rose s’enveloppait tout entier d’une mousseline opaque. C’était un vaisseau, une nef d’une autre époque, en sorte que, pour y monter, il fallait un escabeau de trois marches. (Page 58).


C’était une majestueuse propriété du XIXème siècle hantée par les souvenirs de la princesse Salomé.



Je poussais la porte sur un jardin tropical enchanteurs dont les arbres et les pelouses étaient entretenus avec soins. Entre palmiers et bananiers, les ruines d’une petite mosquée, avec ses inscriptions arabes gravées dans la pierre de corail, donnaient une touche d’étrangeté. Une fontaine ancienne ornait romantiquement les lieux.



Je suivis le sentier de terre menant à la villa qui m’apparut tel un consulat colonial italien avec ses hautes colonnes blanches. En contrebas la mer venait lécher une plage de carte postale… (Page 74)


Je débarquais sur la plage de  Nungwi, dans un village de pêcheurs à l’extrême pointe Nord de l’île, un rêve d’aventures avec son chantier naval de boutres et la mer immense dont les limites se fondaient comme sur les toiles de Rothko…

 


Après la pointe du phare, une longue plage frangée d’un talus corallien menait à un hôtel de bungalows aux toits de makuti. (Page 156)   


Vue du port depuis le Palais des Merveilles